Et si l'avenir nous rendait plus simples ?

Des villes sur l'eau aux corps que l'on pourrait changer, j'imagine un avenir où nos outils deviennent plus puissants et où notre vie pourrait devenir plus simple.

Une ville imaginaire à moitié immergée, sous un soleil entouré de cercles.
Une ville possible, dans un avenir que personne ne connaît encore.

Depuis longtemps, je me demande à quoi ressemblera la vie après nous. Pas seulement dans vingt ans, mais à une échelle où nos habitudes, nos objets et peut-être nos corps ne seront plus reconnaissables.

Je reviens souvent à la même idée : nous devenons capables de fabriquer des choses toujours plus complexes, mais nous finirons peut-être par chercher une forme de vie beaucoup plus simple. Avant d'en arriver là, j'imagine plusieurs changements. Certains me font envie. D'autres me préoccupent franchement.

Une planète qui décidera de nos limites

On verra si ça va arriver

Conserver les aliments sans réfrigérateur

Je pense que nous trouverons peut-être un appareil capable de ralentir, voire d'arrêter, le développement des bactéries dans les aliments. Si un tel procédé pouvait préserver la nourriture sans la rendre dangereuse, le réfrigérateur pourrait devenir un objet du passé. On ne chercherait plus seulement à refroidir, mais à agir directement sur ce qui dégrade les aliments.

On verra si ça va arriver

Regretter l'époque des supermarchés

Je pense que les générations futures pourraient nous envier d'avoir eu des supermarchés remplis et autant de choix. Aujourd'hui, pour beaucoup de gens, la limite est surtout l'argent. Dans le futur que j'imagine, elle sera aussi la disponibilité de ce que la nature peut encore produire.

Nous ne pourrons peut-être plus manger ce que nous voulons au moment où nous le voulons. Le gaspillage de tonnes de nourriture et l'eau potable utilisée sans réfléchir pourraient paraître incompréhensibles à ceux qui viendront après nous. Cette abondance est déjà très inégalement répartie ; je crains qu'elle devienne encore plus rare.

On verra si ça va arriver

Habiter des villes sur ou sous l'eau

Si le réchauffement climatique et la montée des eaux continuent, j'imagine des villes artificielles construites sur l'eau, voire sous l'eau. Nous déplacerons peut-être une partie de nos habitats au lieu de pouvoir protéger toutes les terres que nous occupons aujourd'hui. Ce sera une façon de s'adapter à un monde que nous aurons contribué à transformer.

On verra si ça va arriver

Remplacer les espèces que nous aurons perdues

Je crains un avenir avec beaucoup moins d'animaux et de diversité vivante. Les loisirs qui reposent sur leur présence pourraient disparaître parce que nous aurons détruit leurs habitats. La nature ne pourra pas toujours compenser ce que l'humanité lui retire.

Pour des espèces dont nous dépendons, comme les abeilles, nous fabriquerons peut-être des systèmes qui reprennent certaines de leurs fonctions. Je vois ce scénario comme une perte : remplacer une fonction ne reviendra pas à retrouver une espèce ni le monde dans lequel elle vivait.

Fabriquer le vivant

On verra si ça va arriver

Faire naître des enfants dans des appareils

Je pense que la naissance pourrait un jour se dérouler entièrement dans des appareils, de la conception au développement de l'enfant. Les futurs parents pourraient suivre ce processus à distance. Cela changerait notre rapport à la grossesse, à la filiation et au fait même de donner la vie.

On verra si ça va arriver

Créer des adultes qui n'auraient pas eu d'enfance

Si nous trouvons un moyen d'accélérer fortement le développement des cellules humaines, j'imagine que certains chercheront à fabriquer directement des adultes. Ils pourraient être préparés pour une tâche précise, sans souvenirs d'une enfance qu'ils n'auraient jamais vécue.

Ce scénario me pose beaucoup de questions. Une personne sans passé aurait-elle la même liberté de choisir sa vie ? Qui déciderait de sa fonction ? Pouvoir fabriquer un organisme ne donnerait pas, à mes yeux, le droit de traiter une personne comme un outil.

On verra si ça va arriver

Utiliser des organismes plutôt que des robots

Si nous ne parvenons pas à trouver de nouvelles ressources sur d'autres planètes, certains matériaux nécessaires aux robots pourraient devenir difficiles à obtenir. Je pense que nous pourrions alors nous tourner davantage vers le vivant.

Nous modifierions l'ADN d'organismes pour leur donner des fonctions adaptées à nos besoins. Leur matière pourrait ensuite retourner dans un cycle biologique. J'imagine une sorte de recyclage naturel, avec toutes les questions que cela poserait sur les êtres que nous créerions.

Un corps moins fragile, puis peut-être interchangeable

On verra si ça va arriver

Ralentir le vieillissement et prévenir davantage de maladies

Je pense que nous trouverons des moyens de vivre plus longtemps en ralentissant le vieillissement. Certaines maladies pourraient être évitées plus tôt, peut-être dès la conception, en agissant sur l'ADN. Je ne sais pas jusqu'où cela sera possible, mais j'imagine que notre idée d'une durée de vie normale changera beaucoup.

On verra si ça va arriver

Simplifier le fonctionnement du corps

Notre corps actuel est fragile. Les maladies, les blessures, les tendinites et même la façon dont certaines articulations fonctionnent me font penser qu'il existe une grande marge de changement.

Si nous gardons une forme humaine, je pense que son fonctionnement pourrait devenir beaucoup plus simple. Nous aurons peut-être moins d'organes ou des systèmes différents. À une échéance très lointaine, nous pourrions même nous passer de manger, de boire, de dormir ou d'aller aux toilettes. Je sais que cette idée dépasse largement ce que nous savons faire aujourd'hui.

On verra si ça va arriver

Changer de corps en conservant sa conscience

J'ai tendance à penser que ce qui fait de nous une personne tient surtout à notre cerveau et à notre conscience. Si nous parvenons un jour à transférer cette conscience, changer de corps pourrait devenir possible.

Reste une question qui me travaille : est-ce que ce serait encore moi, ou une copie convaincue d'être moi ? Je peux imaginer le transfert, mais je n'ai pas de réponse à cette question d'identité.

Moins de possessions et moins de métiers humains

On verra si ça va arriver

Emprunter plutôt que posséder

Je pense que nous posséderons de moins en moins de choses définitivement. Les vêtements, les maisons, et même l'usage des terres pourraient être accordés pour une durée limitée. Nous emprunterions ce dont nous avons besoin, puis le rendrions.

Ce modèle pourrait réduire certains gaspillages. Il pourrait aussi nous rendre très dépendants de ceux qui contrôlent l'accès aux objets et aux lieux. Tout dépendra de qui fixe les règles.

On verra si ça va arriver

Remplacer les soldats et la police par des machines

Je pense que les soldats humains pourraient être remplacés par des drones ou d'autres systèmes capables d'agir à distance. Une partie du travail de la police pourrait suivre la même direction.

La puissance de ces machines m'inquiète autant que leur précision éventuelle. Plus on éloigne une personne des conséquences de sa décision, plus je me demande ce qui la retiendra de l'utiliser.

On verra si ça va arriver

Confier les soins à des systèmes plus précis

J'imagine que beaucoup de tâches médicales seront prises en charge par des systèmes ayant accès à plus de connaissances qu'un humain et capables de gestes très précis. Les médecins pourraient devenir moins nombreux, puis ne plus exercer le même rôle.

Dans ma version la plus radicale de ce futur, les soins ne seraient plus réalisés par des humains. Cela ne résout pas pour autant la question de la confiance, de la responsabilité ou du besoin d'être écouté.

Communiquer sans nos objets et sans nos langues

On verra si ça va arriver

Voir les téléphones et les ordinateurs devenir obsolètes

Je pense que les téléphones et les ordinateurs finiront par paraître aussi éloignés de la vie courante que certains outils anciens le sont aujourd'hui. Les informations seront intégrées à notre vue, ou directement à notre cerveau.

Nous contrôlerons peut-être nos outils par la pensée. Ils pourraient même anticiper ce que nous allons vouloir avant que nous ayons le temps de formuler cette intention. Cette commodité poserait aussi la question de ce qui resterait vraiment privé.

On verra si ça va arriver

Communiquer sans parler une langue

J'imagine un avenir où les langues actuelles seront surtout conservées dans les archives. Nous pourrions utiliser une langue commune, puis ne plus avoir besoin de parler du tout : la communication passerait directement par la pensée.

Je me demande ce que nous perdrions avec les langues. Une façon de dire quelque chose porte aussi une histoire et une manière de le voir. Transmettre une idée plus vite ne garantirait pas que nous la comprenions mieux.

L'espace ne changera pas forcément notre caractère

On verra si ça va arriver

Voyager dans l'espace avec un autre principe de propulsion

Je pense que nous finirons par nous déplacer dans l'espace autrement qu'avec des systèmes reposant sur du combustible. J'imagine une maîtrise de la gravité qui nous permettrait de nous inspirer du mouvement des planètes pour voyager.

Je n'ai pas de mécanisme précis à proposer. C'est une intuition sur la direction que pourrait prendre une découverte, pas l'affirmation qu'une telle propulsion est possible.

On verra si ça va arriver

Rendre le corps assez simple pour envisager la téléportation

La téléportation d'un corps humain me paraît difficile à imaginer à cause de sa complexité. Si elle devenait un jour possible au sens où on l'entend dans la fiction, je pense qu'il faudrait d'abord avoir simplifié notre forme de vie.

Cela rejoint mon idée d'un corps moins compliqué. Mais je garde la même interrogation que pour un transfert de conscience : déplacer une personne et en reconstruire une copie seraient-ils la même chose ?

On verra si ça va arriver

Reproduire nos rapports de domination ailleurs

Si nous découvrons d'autres formes de vie, je crains qu'une nouvelle forme de racisme ou de hiérarchie apparaisse. Si nous les considérons comme moins intelligentes ou moins puissantes, nous pourrions chercher à les coloniser.

Leur planète pourrait alors subir ce que la nôtre a subi. Aller plus loin dans l'univers ne veut pas dire que nous aurons appris de nos erreurs. Je voudrais croire le contraire, mais je ne vois pas pourquoi le progrès technique suffirait à nous rendre plus sages.

Et si la dernière évolution était la simplicité ?

On verra si ça va arriver

Cesser d'avoir notre forme humaine actuelle

Je considère l'évolution actuelle avec les intelligences artificielles comme une suite possible de l'évolution de la vie. Il me semble donc plausible que nous changions d'aspect, ou que l'humanité telle que nous la connaissons disparaisse au profit d'autre chose.

Ce ne serait peut-être plus une vie humaine. Nous aurions continué à évoluer jusqu'à ne plus nous reconnaître dans le corps qui nous semble aujourd'hui évident.

On verra si ça va arriver

Devenir une forme d'existence beaucoup plus petite

Je me demande parfois si nous ne finirons pas par devenir quelque chose de très petit, peut-être aussi petit qu'un atome. J'utilise cette image pour penser à une existence plus simple ; je ne prétends pas qu'un atome possède une conscience.

La vie est partie de choses simples pour devenir extraordinairement complexe. Peut-être qu'après avoir parcouru ce chemin, elle reviendra vers une forme minimale. Quand je regarde l'univers, je me demande si notre besoin de tout compliquer n'est pas une étape provisoire.

On verra si ça va arriver

Remettre en question le besoin de toute cette complexité

Tôt ou tard, je pense que nous nous demanderons ce que nous cherchons à faire de notre existence. Travailler, manger, boire, penser, ressentir, posséder, parfois tuer ou détruire : pourquoi avons-nous organisé la vie autour de tant de besoins et de conflits ?

Même quand nous faisons du bien, une part de nos actions peut rester liée à l'ego. Nous finirons peut-être par comprendre que nous sommes devenus inutilement complexes. Une forme de vie plus simple pourrait alors nous sembler préférable.

Je ne sais pas lesquelles de ces idées me sembleront encore justes dans quelques années. Elles dessinent surtout une question qui m'accompagne : si nous pouvions tout transformer, choisirions-nous encore de vivre comme aujourd'hui ?

Je laisse les sabliers en place. Le temps fera son travail, et je reviendrai expliquer ce qu'il aura changé dans ma façon de voir l'avenir.